Un itinéraire audacieux

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Des livres qui voulaient voir le monde

Je vais vous conter l’histoire d’une plieuse de livres qui au gré de ses rencontres fit voyager ses livres aux pages déployées.
Elle les  accompagna de Nîmes, à Arles, puis à La Garde Freinet, jusqu’à Saint Ambroix, mais aussi à Barbentane et même jusqu’à Roubaix.
Mais le voyage ne fait que commencer…
Un voyage fait de rencontres, d’amitiés, de découvertes, voyage entre les feuillets soigneusement pliés, des livres transformés qui deviennent sculptures.
Je vous offre le livre au cœur enfin ouvert.
Bon voyage
Jany

Feuille de route
De Nîmes en traversant le Rhône nous nous arrêtons à Arles l’Antique mais si accueillante,  Nîmes la Romaine nous rappelle, nous revenons, mais le Var nous propose un festin dans les monts du Fraxinois, à La Garde Freinet  puis retour dans le Gard à Saint Ambroix, les Bouches du Rhône se manifestent à nouveau nous partons à Barbentane mais Roubaix nous attend déjà…

 

Quelques poèmes pour accompagner ce voyage initiatique illustrés par Laura.
Créations et textes Jany Garbouge-Floutier
Photos Laura Jonneskindt  http://www.laurajonneskindt.com/

Novembre 2009 Nîmes
Livre autrement
est une bizarrerie
Plier un livre pour ne plus le lire
Lui ôter le sens initial,
le rendre correctement illisible.

Voilà ce que je vous propose.
Le regarder autrement.

Comme une fleur qui éclot à chaque tour de page
Les images viennent flirter avec les mots cachés
Je leur donne des nids au creux de mes pliures
Ils vont pouvoir chanter et même s’embrasser.

Petit coin de paradis entre les mots douillets.
Enfer inattendu pour ceux qui se détestent.
Prison en devenir pour les jamais contents.

Maison de la sagesse ou bien de la luxure ils pourront à nouveau, bavarder, jacasser, badiner ou se battre.
Auteur ne m’en veux pas, c’est un amusement, mes mains plient et replient tes mots mélodieux, mordants ou bien obscènes.
C’est une fantaisie pour orner des murs nus.

Toi qui n’a jamais lu, tu peux enfin poser tes yeux émerveillés sur mes pages pliées, au loin la frustration face aux pattes de mouches posées par l’imprimeur.
Je vous offre le livre au cœur enfin ouvert, vous pouvez regarder et le sens apparaît.

Regarde ce trou noir, c’est une porte ouverte, c’est une promenade.
Les mots chantent en longues guirlandes noires teintées de blanc, ils vont pouvoir entrer dans cette danse qui les emportera dans des lieux délicieux.

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Je te plie

J’écrase ton papier
Je froisse les mots entre eux

Bibliothèque transformée
Plus de longues lignes crénelées
Plus de séries codifiées
Le chaos, la modification
Le passage d’un état plat à celui bosselé du magma encore fumant de l’écriture.

Régularité et impertinence face à l’arbre abattu
Papier blanchi
Roulé sous les presses, envahi par l’écriture de cerveaux éclairés
Et puis la nuit feuilles à feuilles alignés, mots collés les uns aux autres sans consentement mutuel,
je vous divorce, vous écorche, vous brouille, j’alimente les potins inter feuillets, vous étiez restés si longtemps côte à côte, voir du paysage passer sur l’autre feuille.
Exercice périlleux mais vital pour la survie de l’espèce livre, plié selon une méthode anarchique mais sensée, car basée sur l’intuition du mélange, celui qui fortifie la race des pages trop blanches.
Octobre 2008 16h 57
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Les lignes sont marquées à intervalles réguliers de signes évocateurs d’un son,
d’une odeur,
d’un sentiment,
d’une violence,
d’un amour éternel
et puis violence suprême la pliure vient casser le rythme de la ligne si soigneusement composée par l’écrivain.
Le mot était juste, placé là après nombreuses hésitations et décision fatale le pli vient déranger l’ordre des choses.
Accident ou incident c’est une décision irréfléchie
La cadence de la pliure a brisé
le bel alignement,
la régularité de l’ordre de pliage décidé sans aucune pensée que l’esthétique
a endommagé la ligne de l’écrivain.

Je pense à toi joli mot dans ta robe de fête heureux de vivre en paix entouré de doux mots, prairie de fleurs aux senteurs éternelles.

Pliure

Une larme coule à jamais sur ta robe de fête
Destruction, construction nouvelle
Irréversible
Non esthétique, au choix
Différent, c’est certain, mais je suis là encore différent,
mon corps est amputé car mes mots déplacés mais l’âme repliée dans le coin de la page dors en paix pour l’instant.
Le paradis peut-être.
J’ose penser à ces mots porteurs de tant de noms oubliés mais vivants car écris un jour de solitude et miracle du livre, trace indélébile, espace de quiétude, vous dormez sagement.
La pliure vous mord mais vous laisse la vie.
Le grand feu de Satan ne pourra vous atteindre
Je vous ai protégés, œuvre d’art qui va oser toucher vos lignes alignées et vos pics acérés.
25 novembre 2009 7h 45

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