5 – Sous le pont de la Gare, Nîmes

« Bien au chaud dans ta résidence d’étudiants ultra-protégée, tu ne vois pas ce qu’il pourrait t’arriver de fâcheux. Oui, mais ça, c’est quand tu oublies de penser que des fois, ton réfrigérateur et tes placards se retrouvent plus vides que le désert de Gobi, et que donc, il serait grand temps pour toi de prendre tes sacs de courses et de foncer au supermarché du coin. Le hic, c’est que pour ça, il faut traverser LA rue que tu crains le plus. Et comme tu attends toujours le soir pour aller faire les dites courses, et bien la rue en question te paraît encore plus effrayante. Au détour d’une ruelle, tu te retrouves donc à longer cette allée, interminable. Silencieuse (tu n’entends que le bruit de tes pas pressés) et bruyante à la fois (les trains passent à quelques mètres de toi seulement), chichement éclairée, elle te rappelle certains polars qu’autrefois tu lisais dans la sécurité de ton lit. Tes sens sont en éveil, en alerte ; le moindre bruit te semble inhabituel, et même la traversée furtive de ce chat errant te donne la chair de poule. Un craquement se fait entendre en arrière : retenant ta respiration, priant, suppliant, tu te retournes pour finalement t’apercevoir que ce que tu prenais pour un horrible agresseur n’est en fait que pur produit de ton imagination. Tu poursuis ta route pour, enfin, arriver à destination. Dans la chaude lumière des phares et des réverbères, dans le doux bruit des moteurs et des klaxons, tu te maudis d’être une parfaite trouillarde. »    

Oriane

 

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Circuler ou se caler ?

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